Physique
Les blessures du padel : lesquelles, pourquoi, comment les prévenir
Les études publiées placent le coude en tête des blessures du padel, devant le genou, l’épaule et le bas du dos. Il s’agit surtout de douleurs de tendons et de muscles, que l’on prévient mieux qu’on ne les soigne.
Le padel blesse d’abord les tendons et les muscles. Les deux revues de la littérature disponibles placent le coude en tête ; viennent ensuite, selon les études, le genou, l’épaule, le mollet et le bas du dos. Les entorses existent aussi, mais les facteurs de risque relevés parlent surtout de volume de jeu, de progression trop rapide et de technique : des blessures que l’on peut en partie prévenir.
Cette page fait le point zone par zone, à partir d’études publiées et des fiches de l’Assurance maladie. Elle ne pose aucun diagnostic. Une douleur qui dure, qui revient à chaque partie ou qui est apparue brutalement se montre à un médecin, qui pourra vous orienter vers un kinésithérapeute.
Ce que disent les études
La synthèse la plus citée est une revue systématique publiée en juin 2023 dans le BMJ Open Sport & Exercise Medicine par Dahmen et ses collègues. Elle rassemble huit études et 2 022 joueurs, d’un âge moyen compris entre 31 et 57 ans selon les études. Ses résultats :
- environ 3 blessures pour 1 000 heures d’entraînement et 8 pour 1 000 matchs ;
- entre 40 et 95 % des joueurs interrogés déclarent avoir déjà été blessés ;
- le coude est la zone la plus touchée, devant le genou, l’épaule et le bas du dos ;
- les atteintes de tendons et de muscles dominent.
Une seconde revue, publiée en 2025 dans le Central European Journal of Sport Sciences and Medicine, compare le padel, le tennis et le squash. Pour le padel, les études retenues attribuent au coude 30 à 74 % des blessures, à l’épaule 13 à 21 %, au genou 10 à 23 % et au mollet 14 à 22 %. Le padel s’y distingue par la part des tendons, quand le tennis et le squash blessent davantage les chevilles et les genoux.
Deux réserves s’imposent. Les études sont peu nombreuses, souvent espagnoles, et reposent en partie sur des questionnaires où les joueurs se souviennent plus ou moins bien de leurs blessures. Les écarts entre les fourchettes viennent de là. Les auteurs eux-mêmes parlent d’une littérature limitée.
| Zone | Ce que rapportent les études | Ce que décrivent les sources médicales |
|---|---|---|
| Coude | Zone la plus touchée (30 à 74 % des blessures selon les études) | Épicondylite latérale, ou tennis elbow : douleur sur la face externe |
| Épaule | 13 à 21 % | Atteinte des tendons de la coiffe des rotateurs, cause la plus fréquente des douleurs d’épaule |
| Genou | 10 à 23 % | Entorse après torsion, douleurs d’usure, arthrose chez les plus âgés |
| Mollet et tendon d’Achille | 14 à 22 % pour le mollet | Déchirure musculaire, tendinite ou rupture du tendon d’Achille |
| Bas du dos | Quatrième zone citée en 2023 | Lumbago commun, lié le plus souvent à des lésions des muscles, ligaments et tendons du dos |
Pourquoi le padel blesse
La revue de 2025 recense les facteurs de risque relevés dans les études sur le padel. Certains ne dépendent pas de vous, comme l’âge. D’autres se corrigent.
Le volume et sa progression. Plus de six heures de jeu par semaine, une hausse rapide de la charge, beaucoup de matchs de compétition en peu de temps : ces situations reviennent dans plusieurs études. Le joueur qui passe d’une partie par semaine à quatre au printemps est le cas typique.
L’expérience et la technique. Les joueurs de moins de cinq ans de pratique apparaissent plus exposés. Une étude de 2015 relie les douleurs du coude à un manque de technique, et celles de l’épaule à la répétition des coups au-dessus de la tête.
Le matériel. Une étude de 2022 citée par la revue retient comme facteurs de risque une raquette de plus de 350 g, sa composition et le nombre de surgrips. C’est une piste, pas une règle : une raquette légère ne protège pas d’un geste mal fait.
Le gabarit. L’indice de masse corporelle figure aussi parmi les facteurs relevés.
La nature du jeu. Une piste petite, des échanges rapides, des trajectoires parfois imprévisibles après les vitres : des auteurs y voient une source de fatigue nerveuse et musculaire qui dégrade le contrôle des gestes et favorise les blessures.
Zone par zone
Le coude
C’est la première zone blessée au padel, et la douleur la plus connue est l’épicondylite latérale, le tennis elbow : une atteinte des tendons qui s’attachent sur la face externe du coude, liée à des gestes répétés. Selon l’Assurance maladie, la douleur peut s’étendre à l’avant-bras, parfois jusqu’au poignet. Tout ce qu’il faut savoir sur ses signes, sur le rôle de la raquette et sur la prévention est dans notre article tennis elbow et douleur au coude au padel.
L’épaule
Bandejas, víboras et smashs se jouent bras levé, des dizaines de fois par partie. L’Assurance maladie classe les sports d’armer et de lancer, dont le tennis, parmi ceux qui favorisent les lésions de l’épaule par hyper-utilisation. Les causes les plus fréquentes des douleurs d’épaule sont des atteintes des tendons de la coiffe des rotateurs et du long biceps. Elles sont plus courantes après 40 ans : passé cet âge, l’IRM montre souvent une usure de ces tendons, même chez des personnes qui n’ont pas mal.
En pratique, une douleur qui apparaît bras levé, sur les coups hauts, et revient à chaque partie mérite un avis médical. En attendant, remplacez le smash par une bandeja placée : la différence entre bandeja et víbora vous aidera à choisir le coup le moins exigeant.
Le poignet et l’avant-bras
Les deux revues ne placent pas le poignet parmi les zones les plus touchées au padel. Une douleur du poignet ou de l’avant-bras n’en est pas moins à prendre au sérieux : elle peut accompagner une atteinte du coude, ou avoir une tout autre origine. Seul un examen permet de faire la différence. Notez sur quel coup elle apparaît, l’information sera utile au médecin.
Le genou
Le genou souffre de deux façons au padel : par accident, lors d’une torsion sur un changement de direction, et par usure. L’Assurance maladie décrit ainsi l’entorse du genou : craquement au moment de l’accident, douleur violente ressentie comme une déchirure, sensation que le genou part sur le côté puis revient, instabilité, gonflement. Elle précise que l’intensité de la douleur ne dit rien de la gravité : une entorse grave peut faire peu mal.
Les premiers gestes sont ceux du protocole GREC : glace (jamais directement sur la peau), repos sans appui, élévation de la jambe, compression légère. Si les symptômes inquiètent, consultez le jour même.
La genouillère. C’est l’une des recherches les plus fréquentes sur le sujet. Aucune étude sur le padel ne montre qu’elle prévient les blessures. Après une entorse bénigne ou moyenne, l’Assurance maladie indique qu’une contention, genouillère ou orthèse articulée, diminue la douleur et peut faciliter une reprise précoce. C’est donc un outil de reprise, choisi avec le médecin ou le kinésithérapeute.
L’arthrose. Pour les personnes atteintes d’arthrose du genou, l’Assurance maladie recommande de rester actif, de demander l’avis du médecin avant toute activité sportive, et d’éviter en général les sports à changements d’appui brutaux. Le padel en comporte : la question se pose donc au cas par cas, avec votre médecin.
Le mollet et le tendon d’Achille
Une action brutale, comme un démarrage à froid pour aller chercher un amorti, fait partie des causes de déchirure musculaire citées par l’Assurance maladie. L’Assurance maladie décrit la déchirure musculaire, qui touche le plus souvent la cuisse ou le mollet : une douleur vive « en coup de poignard » pendant l’effort, parfois un claquement audible, un muscle qu’on ne peut plus utiliser. Il faut arrêter tout de suite, ne plus prendre appui, refroidir, comprimer, surélever, et consulter rapidement.
Le tendon d’Achille relie le mollet au talon. Une tendinite se manifeste par une douleur à l’arrière du talon, plus forte au début de l’effort. Selon l’Assurance maladie, une tendinopathie chronique favorise la rupture du tendon lors d’un effort intense. Le Manuel MSD décrit la rupture comme la sensation d’avoir reçu un coup derrière la cheville, parfois avec un claquement, puis une marche difficile. Elle survient surtout chez des sportifs et chez des hommes d’âge mûr peu entraînés qui reprennent un sport intense sans progressivité, en particulier dans les sports à changements de direction rapides. Ce profil ressemble à celui de beaucoup de nouveaux joueurs de padel.
Le talon
Une douleur sous le talon, présente dès les premiers pas du matin, évoque souvent une aponévrosite plantaire, la cause la plus fréquente des douleurs de talon d’après l’Assurance maladie. Elle apparaît plutôt entre 40 et 60 ans et elle est favorisée par les terrains durs, les impacts répétés, les chaussures usées ou peu soutenantes et le surpoids.
L’Assurance maladie conseille de mettre le pied au repos, d’appliquer de la glace 10 à 15 minutes deux fois par jour, d’ajouter une talonnette en gel et de vérifier l’état de ses chaussures. Sur ce dernier point, notre guide des chaussures de padel indique quand changer de paire et quelle semelle choisir selon la surface de votre club.
La cheville
Une étude citée par la revue de 2025, menée auprès de joueurs professionnels et amateurs, attribue la majorité des blessures aux membres inférieurs, entorses de cheville en tête. Rien d’étonnant dans un sport fait de freinages et d’appuis latéraux. L’Assurance maladie conseille d’arrêter l’activité, de refroidir la cheville une vingtaine de minutes, de la bander sans serrer et de surélever la jambe. Elle recommande de consulter dans les 24 heures en cas de douleur intense, de gonflement rapide, de craquement entendu, de boiterie ou d’appui impossible.
Le bas du dos
Le padel fait jouer bas, et le dos encaisse quand on se penche au lieu de fléchir les jambes. Pour un lumbago commun, l’Assurance maladie insiste sur un point qui surprend : le repos au lit n’est pas recommandé, et « le bon traitement, c’est le mouvement ». La prise en charge porte sur les premiers jours et jusqu’à quatre à six semaines. L’intensité de la douleur ne dit rien de sa gravité. La reprise d’un sport rapide se décide avec le médecin, qui saura aussi reconnaître une douleur qui n’a rien d’un lumbago.
Prévenir : les habitudes qui comptent
Ces conseils reprennent les facteurs relevés par les études et les recommandations de l’Assurance maladie. Ils réduisent le risque, ils ne soignent pas une douleur installée.
Augmentez le volume progressivement. Plus de parties, un stage, un tournoi : ajoutez une séance à la fois, sur plusieurs semaines. L’Assurance maladie cite les efforts trop rapprochés et l’entraînement pas assez progressif parmi les causes de déchirure musculaire.
Échauffez-vous à chaque fois. Un échauffement insuffisant figure parmi les causes de déchirure musculaire citées par l’Assurance maladie. Notre échauffement type de dix minutes commence par trottiner et mobiliser les articulations, et se termine raquette en main en augmentant l’intensité peu à peu.
Renforcez ce qui travaille. Les jambes pour freiner, le tronc pour transmettre la force, l’épaule et l’avant-bras pour encaisser les frappes. Notre programme de renforcement musculaire pour le padel tient en deux séances courtes par semaine.
Soignez la technique. Prendre la balle devant soi, fléchir les jambes plutôt que le dos, ne pas forcer un smash en reculant : un cours avec un enseignant corrige ces défauts plus vite que l’on ne le fait seul.
Vérifiez votre matériel. Des chaussures à la semelle adaptée et non usée, une raquette dont le poids correspond à votre gabarit et à votre niveau : notre guide pour choisir sa raquette de padel donne des repères.
Buvez et couvrez-vous. L’hydratation insuffisante et le froid figurent parmi les facteurs de risque de déchirure musculaire cités par l’Assurance maladie. L’hiver, sur une piste extérieure, allongez l’échauffement.
En vidéo
D’après son titre, cette vidéo en anglais de The Padel School porte sur les risques de blessure propres au padel et sur la façon de les éviter. Elle complète les sources écrites citées ici sans remplacer un examen.

L’essentiel
- Les études placent le coude en tête des blessures du padel, devant le genou, l’épaule, le mollet et le bas du dos.
- Les atteintes de tendons et de muscles dominent : ce sont surtout des blessures d’usure et de surcharge.
- Une hausse brutale du volume de jeu, le manque d’expérience et de technique figurent parmi les facteurs de risque relevés.
- L’échauffement, une progression lente et le renforcement musculaire restent la meilleure prévention.
- Douleur brutale, appui impossible, gonflement ou douleur qui dure : on arrête de jouer et on consulte.
Questions fréquentes
Quelle est la blessure la plus fréquente au padel ?
Le coude. Une revue systématique publiée en 2023 dans le BMJ Open Sport & Exercise Medicine, qui rassemble huit études et 2 022 joueurs, le place en première position, devant le genou, l’épaule et le bas du dos. Les blessures relevées sont surtout tendineuses et musculaires.
Pourquoi ai-je mal au genou après le padel ?
Les causes possibles sont nombreuses : entorse après une torsion, surcharge, arthrose chez les joueurs plus âgés. Seul un examen permet de trancher. Après une torsion avec craquement, sensation de déboîtement ou gonflement, l’Assurance maladie conseille de consulter le jour même.
Faut-il porter une genouillère pour jouer au padel ?
Aucune étude sur le padel ne montre qu’une genouillère prévient les blessures. Après une entorse du genou, l’Assurance maladie indique qu’une contention peut diminuer la douleur et faciliter une reprise précoce. Le choix se fait avec le médecin ou le kinésithérapeute.
J’ai mal au talon en jouant au padel : que faire ?
Mettez le pied au repos, appliquez de la glace 10 à 15 minutes deux fois par jour et vérifiez l’usure de vos chaussures. L’Assurance maladie conseille de consulter si la douleur est apparue brutalement après un choc, si le talon est rouge et enflé, si vous ne pouvez plus poser le pied, ou si rien ne s’améliore après deux à trois semaines.
Peut-on rejouer au padel avec mal au dos ?
Pour un lumbago commun, l’Assurance maladie recommande de rester actif : le repos au lit n’est pas conseillé et le mouvement fait partie du traitement. La reprise d’un sport rapide comme le padel se discute avec votre médecin, surtout si la douleur dure ou descend dans la jambe.